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L'Alhambra de Grenade

MonumentsPosted by Morrigane 28 Jan, 2010 11:33:45

C’est en la ville de Grenade, en Espagne, que s’érige l’un des plus beaux monuments d’architecture islamique du bassin méditerranéen.
Cet ensemble de bâtiments, de style hispano-mauresque et construit sur la colline de la Sabika, porte le nom d’Alhambra.

Ce nom, provenant de l’arabe « Al Hamra » signifiant « la rouge », est dû à la couleur que prennent les pierres de l’édifice au couché du soleil.

C’est sous la direction de l’almohade Mohammed ibn Yusuf ben Nasr, plus connu sous le nom d’Al-Ahmar que la colline de la Sabika est aménagée en 1237. L’emplacement ne fut pas choisi au hasard, la colline de Sabika, très rocheuse, était entourée de forêts et protégée par les montagnes ainsi que par la rivière Darro.
Un an plus tard, les premières pierres de l’Alhambra s’élèvent lorsqu’Al-Ahmar fait son entrée à Grenade. Premier souverain nasride d’Espagne, il fait de l’Alhambra la nouvelle résidence des rois de la cour de Grenade au milieu du XIIIème siècle.
Petit à petit l’Alhambra devient une citadelle, flanquée de tours et de remparts entourant aussi bien la partie militaire (Alcazaba) que la partie population (médina). Mais Al-Ahmar ne verra jamais la fin des travaux, c’est son fils, Mohammed II al-Faqih, qui en terminera la construction après la mort de son père en 1273.

Montant alors sur le trône, Mohammed II al-Faqih fera des ajouts et des modifications à la citadelle et certaines parties prestigieuses feront leur apparition lors de l’apogée de l’art nasride au XIVème siècle (1333-1354).

Les différents successeurs trouvèrent l’Alhambra tellement magnifique qu’ils reprenaient les palais de leurs prédécesseurs pour y édifier de nouvelles parties, et ça jusqu’à la Renaissance, sous Charles Quint.
Il est donc évident que l’architecture de base a beaucoup évolué et que les parties du palais les plus anciennes ont pratiquement disparues.

Aussi, précisons qu’au XVème siècle, les rois de Grenade ne disposaient plus d’assez de ressources pour restaurer les parties que l’on peut encore admirer aujourd’hui. Hormis le souci d’argent, n’oublions pas que les rois catholiques tentèrent d’effacer toute traces du passage de l’Islam sur leurs terres mais l’Alhambra leur semblait tellement beau qu’ils ne purent le démolir.
Mieux encore, les souverains en date y élurent domicile.

•••••••••◊ Un nom, plusieurs édifices ◊•••••••••

L’Alhambra n’est pas seulement une forteresse, c’est un complexe comportant 2 zones distinctes : l’Alcazaba, partie militaire et la médina, partie population.
A ce complexe s’ajoute un palais indépendant se situant hors des enceintes, le Généralife.


(voir le plan en grand)

°°° L’Alcazaba °°°

L’Alcazaba, dont l’origine du nom provient de l’arabe « Al Casbah » (« la maison ») est la partie militaire de l’Alhambra. Construite sur le fronton sud de la colline, elle est en quelque sorte la citadelle primitive des lieux.
Édifiée tel un alcazar (palais fortifié), elle héberge les hommes d’arme qui, du haut de la plus haute tour (Tour de la Vela) peuvent observer le moindre mouvement de troupe se déplaçant sur la plaine de Grenade (Vega granadina).

Bien que faisant partie du complexe, l’Alcazaba possédait sa propre médina (ville) intérieure et était équipée de hammans, aujourd’hui en restauration. Côté visite, si les logements des soldats ont disparus, on peut toujours déambuler sur les chemins de rondes, accéder à certaines tous et visiter les silos et citernes.



°°° La Médina °°°

Lorsqu’on passe le pont-levis arrière, on entre dans la Médina.
La Médina est la zone habitée de l’Alhambra et comporte tout ce dont avaient besoin les hommes pour vivre, se nourrir et se divertir.
C’est donc dans cette zone que l’on peut admirer fours, silos et citernes, ateliers, bains publics mais aussi les demeures des hauts fonctionnaires, de leurs employés et de leurs serviteurs.

Aujourd’hui, cette zone est la plus touchée par le temps. Les bâtiments tombent en ruine et il ne reste pratiquement que les fondations des édifices, des remparts et du chemin de ronde.

°°° Les palais Nasrides °°°

S’il on place les palais Nasrides dans la Médina, on ne peut pas vraiment dire qu’ils en fassent entièrement partie pour la simple raison qu’il s’agit ici des habitations royales.
Ces palais aux multiples salles rectangulaires sont sobres d’extérieur mais foisonnent de décorations raffinées une fois les portes passées.

On retrouvera toute la beauté de l’art nasride dans cet ensemble de 3 palais (le Mexuar, le Palais de Comares ou de Yussuf I et le Palais des Lions ou de Mohammed V).
Les murs sont couverts de frises et de bas-reliefs en céramique, chaque création est basée sur les 3 composantes de base de l’art islamique, à savoir la calligraphie, la décoration florale stylisée et les arabesques et motifs géométrique.

Impossible de nier l’influence de l’Islam ici ; fontaines, patios, hammams et azulejos (carrelage aux motifs géométriques) nous le rappelle en permanence.



Bien que les cours mythiques que l’on traverse pour se rendre d’un palais à l’autre soient du XIVème siècle, il nous est impossible de ne pas les citer.
Ainsi, la cour des myrtes (patio de los arrayanes) et la cour des lions (patio de los leones) offre à ceux qui les traverse le sentiment que l’art est l’architecture et l’architecture est l’art.


La cour des myrtes accolée au palais de Comares

Le palais de la Cour des Lions

°°° Le Généralife °°°

Hors des enceintes, le Généralife est le palais d’été des princes Nasrides.
Différent des palais dont on a parlé plus haut, celui-ci est plutôt considéré comme étant un jardin. Et pour cause, l’origine de son nom, « Jannat al-Arif » signifie « paradis » ou « jardin de l’architecte » (l’architecte étant Allah).

L’eau y est omniprésente. Sans doute car son abondance devaient impressionner ces hommes venus du désert. C’est donc au son de l’eau domestiquée et à l’ombrage des arbres que déambulaient les princes.



Les jardins du Partal
, distincts de ceux du Généralife méritent d’être cités car on prétend que c’est depuis ces jardin que l’on peut admirer les vues les plus précieuses et les plus raffinées sur l'Albaicin.


Sources

http://histoireenprimaire.free.fr/textes/periodes/feoda7_islam.htm

http://colleges.ac-rouen.fr/dunant-evreux/SPIP/html/andalousie/html/alhambra.htm

http://www.linternaute.com/voyager/unesco/europe/espagne/alhambra/alhambra.shtml

http://www.alhambra.info/fr/alhambra_grenade_histoire_photos.htm

L'île de Burano

MonumentsPosted by Morrigane 06 Aug, 2009 10:34:47
Dans la lagune de Venise, une petite île vous plonge dans un monde tout en couleur.
Inutile d’envisager croiser un bisounours, ou alors celui-ci sera un pêcheur.

Cette île, voisine de Torcello et Murano n’est autre que Burano.

http://img406.imageshack.us/img406/2333/800pxburanodalcampanile.jpg

Qu’est-ce que ce bourg d’environ 4000 habitants a-t-il de si précieux ?
Et bien ce petit bout de terre, est une île où l’on oublie la monotonie et la grisaille de nos bâtiments. Pas de monuments exceptionnels ou de plans ingénieux, mais une ambiance revigorante.
S’il est vrai que la place de Galupi est prise d’assaut par les touristes, pour l’évasion, il suffit de plonger dans les ruelles colorées et de flâner en oubliant le stress de votre quotidien.

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Un peu d’histoire
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Burano n’est pas sortie des eaux comme ça. L’île fut prise d’assaut par les habitants d’Altino (Italie) qui ont fuit le continent lors des invasions barbares (V et VIè siècle).
Avant d’être construites en brique, les maisons étaient faites de cannes tissées et plâtrés à la boue.

Son nom est tiré de celui de la « Porta Boreana », l’une des portes de Venise. Car cette porte donne dans la direction de l’île.
Bien sur, l’endroit n’est accessible que par bateau. D’ailleurs, les hommes sont donc pratiquement tous pêcheurs et, mieux qu’à Venise, devant chaque maison bordant l’eau, se trouvent des bateaux en file indienne.

Aujourd’hui, le nombre de pêcheurs est regroupé en une coopérative d’environ 450 hommes.

(photo personnelle)
http://img406.imageshack.us/img406/1128/1243857938resized.jpg

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Les couleurs
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Ce qui frappe le visiteur est sans conteste les couleurs dont sont baignées toutes les maisons de l’île. Ces couleurs chatoyantes se reflètent bien souvent dans les eaux vertes des canaux qui la traversent.
Mais qu’est-ce qui a poussé les habitants de l’île à colorer ainsi leur maison ?
La coutume, pardi ! Cette coutume du VIIè sicèle qui dit que c’est à la femme de choisir la couleur de la façade.
Celle-ci choisi alors une couleur vive et différente de celle de ses voisines car elle aura pour but de guider l’époux, pêcheur, et lui permettre de retrouver sa maison au loin ou dans la brume.
Mais hormis cette « légende coutumière », une autre vérité dit que la couleur permet de délimiter la propriété de chacun.

Toutes ces maisons sont à voir et admirer. Evidemment, il y a LA maison touristique par excellence, la maison la plus décorée, « La Casa di Bepi Suà » (la maison de Joseph en sueur).

http://farm3.static.flickr.com/2355/1968890536_15c873ea53.jpg

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La dentelle
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Si les hommes partent à la pêche, les femmes doivent bien s’occuper. Elles ne vont pas peindre les murs toute la journée…
Du coup, leur activité principale pour tuer le temps est la dentelle.

Bien sur, une légende est associée à cet art.
Un beau jour, un pêcheur sort de la lagune pour pêcher en mer. Il y rencontre une sirène qui tente de l’attirer près d’elle, mais le pêcheur qui aimait une femme sur terre refuse catégoriquement d’oublier sa belle, même pour une sirène. La femme-poisson, admirative de cet amour plongea retrouver le fond en cognant le bord du bateau. Une vague remplie de mousse éclaboussa le bateau.
De cette mousse, une voile de mariage en dentelle fine fut crée. Le pêcheur rentra au port et rendit immédiatement visite à sa belle en la demandant en mariage.

Le jour dit, le marié offrit le cadeau à sa femme et envieuses, les autres femmes de l’île copièrent ce voile et s’attardèrent de plus en plus sur la technique pour faire des ouvrages plus fins et plus travaillés encore…

http://www.azureva.com/italie/images/images-mags/dentelle-burano/dentelle.jpg


En réalité, ce n’est qu’au milieu du XVIè siècle qu’apparait la dentelle à l’aiguille sur l’île. Mais celle au crochet y existait déjà. Le travail est si raffiné que l’île est reconnue très vite par la haute société. Princes, nobles et riches bourgeois d’Europe s’empressent de passer commande là-bas.
Pour exemple, ces dentelles ont si grande réputation qu’au XVIIè, la roi Louis XIV interdit l’importation des ouvrages car il entend bien créer des copies en France ! Sera donc ouverte la manufacture royale de dentelles française.

Encore aujourd’hui la dentelle est reconnue à Burano mais si vous voulez un travail de qualité, ne soyez pas pressé, il faut environ 3 ans à une dentellière pour faire une nappe…

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Le mot de la fin
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Pour faire un happy end, j’ai tenté d’écrire quelque chose qui donnerai envie de visiter l’île. Mais par pure fainéantise et parce que j’ai trouvé exactement ce qu’il me fallait sur le site vivre-venise.com , je recopie donc cette phrase qui, selon moi est la traduction même du mot Burano :
« Une nouvelle fois, il faut souligner qu'ici "rien n'est comme ailleurs". Burano est l'île dont on se souviendra le mieux parce qu'elle est un bouquet de fleurs éclatantes. Elle est située près de Torcello, dans un paysage gris, aux eaux sombres, où elle fait jaillir des gerbes de reflets multicolores dignes d'un grand artificier. »

http://www.cpb.co.uk/blog/wp-content/uploads/2009/02/burano__venice__italy1.jpg

Sources
http://www.isoladiburano.it/en/Foundation.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Burano
http://www.vivre-venise.com/les-iles-de-la-lagune/burano.html

Le château de Chambord

MonumentsPosted by Morrigane 06 Aug, 2009 10:32:19
Férue de visites et d’histoire, depuis 2 ans pour mon anniversaire je me fais plaisir.
L’an dernier Carcassonne, cette année les châteaux de la Loire.
Celui que je tenais à tout prix à voir, Chambord
Mon premier aperçu du château fut en début de soirée, au soleil couchant, entre 2 allées boisées. Une petite merveille admirée à la va vite. On le visitera dimanche, un peu de patience…

Après Blois, Chenonceau, un bref aperçu de Cheverny, Fougères-sur-Bièvre, Amboise et le Clos Lucé, voici venue l’heure des rires et des chants car mon petit bonheur était de mettre le pied à Chambord. Oui un rien me rend heureuse !

(Photo prise par mon cher et tendre)
http://img268.imageshack.us/img268/5281/1246451991resized.jpg

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Le rêve de François Ier
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Ce château, l’un des plus grands et reconnus de la Loire, a été construit pour le bon vouloir d’un seul homme, nommé François Ier (1494 - 1547). Celui-ci appréciant fortement la chasse et l’architecture et voulu obtenir les deux en un.
Agé d’à peine 20 ans lorsqu’il fait commencer le chantier en 1519, il ne visitera les lieux que 72 jours en 32 ans dans le seul but de s’adonner à sa passion pour la chasse et d’y impressionner ses invités.
Il ne verra d’ailleurs jamais ce chef d’œuvre totalement terminé car en 1547, l’année de sa mort, le chantier était toujours d’actualité. Seuls le donjon et l’aile royale sont terminés.

Portrait de François Ier - Jean Clouet, Musée du Louvre
http://renaissance.mrugala.net/Renaissance%20en%20France/Francois%201er.jpg

Pour obtenir le Chambord que nous connaissons, il faudra attendre qu’y passent Henri II (le fil de François Ier) ainsi que Louis XIV pour terminer cette œuvre.

La vanité de François Ier et de ses successeurs n’est pourtant pas pour nous déplaire puisqu’ils nous laissent ce joyau à contempler des générations plus tard.
Aussi, la passion de François Ier perdure. De nos jours, le parc forestier qui entoure l’édifice et qui fait pas moins de 5440 ha est le Parc National Cynégétique ; une réserve de chasse depuis 1948.

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Les bases
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Construit selon le modèle d’un château féodal, Chambord est constitué de 156 m. de façade de 56 m. de haut, de 426 pièces, de 77 escaliers dont le plus célèbre est celui qui aurait été « imaginé » par Léonard de Vinci, de 282 cheminées et de pas moins de 800 chapiteaux sculptés.

Base carrée, murs d’enceinte, 4 tours, donjon central,… tout ici, hormis les décorations et les toits, nous font penser à un château défensif tout droit sorti du monde médiéval.

http://img150.imageshack.us/img150/230/planchateauchambord.png


Difficile d’imaginer l’ampleur du monument mais sa grandeur et sa beauté vous écrase littéralement alors que vous vagabondez de couloirs en escaliers sans vous repérez.
Et pour cause, nous y sommes entré à 5 et moins de 30 minutes plus tard je errais seule à faire 4 fois demi-tour sans me retrouver au même endroit.
Si tout se ressemble, tout est également différent car les pierres et les détails vous prouvent que vous êtes perdu ou que vous pouvez dorénavant reconnaître l’endroit.

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La terrasse
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Une fois sur les toits, on comprend alors que l’architecture est une vraie merveille. Chaque pierre est taillée avec attention, les découpes sont superbes, les courbes, les effets d’ombres, les sculptures, les ardoises, les cercles et carrés, … tout y est.

La Tour Lanterne surmontée d’une fleur de Lys et point culminant du château - photo personnelle
http://img34.imageshack.us/img34/2585/1246452318resized.jpg

D’inspiration italienne, la terrasse nous offre un subtil mélange entre chapiteaux, cheminées, flèches et clochetons. Prendre le temps de laisser passer les touristes pour admirer l’endroit comme il se doit était mon mot d’ordre.
C’est une obligation si vous désirez vous replongez dans ce lieux qui fut celui d’où on regardait le départ pour la chasse, les entraînements militaires ou celui où confidences, intrigues et amourettes prenaient vie.

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L’escalier à double révolution
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Quoi qu’il arrive, vous ne raterez pas cet escalier que l’on prétend avoir été inspiré ou construit en partie par l’illustre Léonard de Vinci. Il s’impose à vous dès votre entrée dans l’édifice.
Prévu, à la base, pour monter d’une traite les 32 m. de hauteur jusqu’à la Tour Lanterne, sa décoration de style italien l’empêchait de tenir correctement. Des paliers furent donc crées à chaque étage du château.

Une photo de l’escalier sans personne devant, dedans, alentours ? Prenez votre mal en patience… mais tout est possible - photo personnelle
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Cet escalier dit de Léonard de Vinci est crée selon une idée d’escalier à vis du maître italien.
Le principe est simple : 2 volées d’escaliers débutant et terminant au même endroit mais ne se croisant jamais. La seule façon de croiser celui qui monte ou qui descend en même temps que vous est de regarder par les petites « fenêtres » perçant le noyau central, dit à claire-voie, de l’escalier.


Sources
http://www.chambord.org
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_de_Chambord
http://www.37-online.net/chateaux/chambord.html

City trip à Marrakech (p.IV)

MonumentsPosted by Morrigane 10 Jul, 2009 10:36:07
Le dernier jour se pointe. Vu l’orage de la veille au soir, la chaleur a chuté et on a enfin pu dormir.
Du coup on en a profité pour dormir un peu plus mais la fatigue revient au galop dès qu’on sort de l’hôtel. Les souks, la foule, le bruit,… 4 jours ça suffit !

Ce matin, dernière visite, les tombeaux Saadiens.
A la base, ces tombeaux ne pouvaient être vus. Du moins pas par les touristes car il fallait passer par la mosquée El-Mansour où ils sont accolés.
Bien évidemment, dans ce pays, on ne s’étonne plus de rien. Et un trou a été fait dans le mur d'à côté pour permettre aux visiteurs d’y pénétrer sans braver le lieu de culte !

Depuis ce jour, les morts ne reposent plus vraiment en paix mais bien que très petit (visite de moins de 30min en prenant son temps), l'endroit a une architecture magnifique et la lumière est superbe.

Ces tombeaux datent de l’époque du grand sultan Ahmed al-Mansur Saadi, c'est-à-dire fin XVIè, début XVIIè.
Les Saadiens sont en faite une sorte de dynastie chérifienne, pourtant bien arabe, qui chasse du pouvoir les berbères Wattassides.

Voulant offrir une belle sépulture à sa mère, Ahmed al-Mansur décide de faire construire un mausolée sur le lieu où sont déjà enterrés ses ancêtres.
Ancêtres oui, mais il ne construisit pas là pour leur mémoire mais plutôt pour l’effacer.
Il cache alors ces ancêtres, sans pour autant oser raser le lieu saint, en faisant construire une enceinte autour de la nécropole.

Découverts en 1917, les tombeaux sont séparés en 3 salles.

•••••••••◊ La salle du Mirhab ◊•••••••••

Cette salle abrite le corps d’une bonne 60aine de Saadiens et comporte le Mirhab. Le Mirhab est en fait une sorte de niche qui indique la direction de Mecque.

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•••••••••◊ La salle des douze colonnes ◊•••••••••

Cette salle est la plus prestigieuse et mieux mise en valeur. C’est là que repose le sultan Ahmed El Mansour ainsi que sa famille (père, mère, frère et descendance) sous une coupole soutenue par 12 piliers décorés de frises coranique et de stuc et érigée par son fils. Le sol quant à lui est de marbre et de zelliges.

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•••••••••◊ La salle des Trois Niches ◊•••••••••

Cette partie pourtant fort bien travaillée est moins mise en valeur. Cet ensemble accueille les tombes des femmes, concubines et enfants de la famille.
Le jeu de lumière entre les 3 salles est vraiment sympa. On doit jouer les curieux et regarder à travers les passages ouverts pour découvrir la future salle avant de se déplacer et de l’admirer de face.

http://img40.imageshack.us/img40/2867/dsc3490.jpg


Pour ce qui est des tombes qui jonchent le sol du jardin, ils accueillent les plus fidèles soldats de la famille.

http://img188.imageshack.us/img188/1214/dsc3510s.jpg


Sources

- Voyage perso
- Guide du Routard
- http://www.usenghor-francophonie.org/enseig/pc/inforoutes/maroc/tsaadiens.htm
- http://www.leguidemaroc.com/marrakech/visite-marrakech/tombeaux-saadiens-marrakech.php
- Photos personnelles

City trip à Marrakech (p.III)

MonumentsPosted by Morrigane 10 Jul, 2009 10:34:20
Le troisième jour, la pluie orageuse nous accueille dès le petit matin. Bizarrement, je n'ai jamais été aussi ravie de voir la pluie. Mais uniquement pour la fraicheur qu’elle apporte car on avait prévu de visiter des palais à ciel ouvert ! Visite retardée donc à l’après-midi en espérant voir le soleil pointer.
Du coup, passage dans les souks pour faire quelques achats, boire un p’tit thé, manger et voir en fin de matinée la pluie cesser.

Nous voila donc partie pour la visite des palais, du coup, sous la chaleur ^^ Jamais content ces touristes !

Le premier palais se nomme Palais El Badii et n’est plus qu’un vaste lieu en ruines qui malgré tout à un charme attirant.
En saison, les cigognes nichent sur l’enceinte du palais et vous visitez donc au son des claquements de becs ce lieu qui fut érigé en l’honneur de la victoire d’Ahmed el Mansour Ad-dahbi contre l'armée portugaise en 1578 (Bataille des Trois Rois).

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Il faut faire preuve d’imagination pour voir le prestige des salles, la hauteur des bâtiments et le luxe qu’il devait y avoir.
Les produits les plus luxueux provenaient de Chine, d’Inde,… et étaient échangés contre du sucre.

Pour vous donner une idée, la cour fait 135m sur 110m, et le grand bassin central 90m sur 20m.
Les salles portent le nom des matériaux qui les décoraient, tels que « la porte de marbre » ou encore « le pavillon de cristal ».
Sa destruction fut commanditée par le sultan Alaouite Moulay Ismaïl au VIIè siècle pour acheminer, une dizaine d’années plus tard, les matériaux de valeur vers Meknès dans la construction de la ville royale de Moulay Ismaïl.

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Ensuite, direction le Palais Bahia. Là, les cars de touristes sont bizarrement plus nombreux. En effet, les guides prétendent que c’est un chef d’œuvre a ne pas rater, mais personnellement, je le trouve assez mal en point, peu rénové et tout fort semblable alors qu’on nous prévient, dès l’entrée que les différentes cours et parties ne suivent pas le même styles…

Construit en 1880 par le grand vizir Ahmed ben Moussa, ce palais renfermait 150 chambres de grands personnages (sultan, grand vizir ou encore chambellan). Le harem du sultan y était également installé.
Le « petit riad », première pièce où l’on rentre est de loin la plus belle car la lumière qui joue avec les décorations murales et les plantes est un petit bonheur.

http://img20.imageshack.us/img20/2309/dsc3439.jpg


Quant à la grande cour de marbre, dite « cour d’honneur » elle aurait pu être vraiment belle si elle était entretenue car le marbre et les zelliges y sont encore présents et le jeu de colonnes sculptées ajoute du charme à la grandeur du lieu (50x30m).

http://img38.imageshack.us/img38/9338/dsc3454.jpg
http://img35.imageshack.us/img35/1626/dsc3449e.jpg

Zelliges
Carreau d'argile émaillé représentant des formes géométriques
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/6/65/Mekhnes_Place_El-Hedine_Mosaique3.jpg/150px-Mekhnes_Place_El-Hedine_Mosaique3.jpg


Sources
- Voyage perso
- Guide du Routard
- http://www.marrakech-ville.com/palais.php
- http://www.marrakech-ville.com/palais-bahia.php
- Photos personnelles (sauf dernière)

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